Article 39 RGPD : comprendre et appliquer les missions du DPO

Thomas Blanc
Thomas Blanc
DPO externalisé et Formateur RGPD
Mis à jour le avril 30, 2025

Texte RGPD : pourquoi nous ?

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Décryptage complet de l’article 39 du RGPD

Missions principales

Les missions du délégué à la protection des données sont au moins les suivantes :

Informer et conseiller

Informer et conseiller le responsable du traitement ou le sous-traitant ainsi que les employés qui procèdent au traitement sur les obligations qui leur incombent en vertu du présent règlement et d’autres dispositions du droit de l’Union ou du droit des États membres en matière de protection des données.

Contrôler le respect

Contrôler le respect du présent règlement, d’autres dispositions du droit de l’Union ou du droit des États membres en matière de protection des données et des règles internes du responsable du traitement ou du sous-traitant, y compris en ce qui concerne la répartition des responsabilités, la sensibilisation et la formation du personnel participant aux opérations de traitement, et les audits s’y rapportant.

Conseiller et vérifier l’AIPD

Dispenser des conseils, sur demande, en ce qui concerne l’analyse d’impact relative à la protection des données et vérifier l’exécution de celle-ci en vertu de l’article 35.

Coopérer avec l’autorité

Coopérer avec l’autorité de contrôle sur les questions relatives au traitement des données à caractère personnel.

Point de contact

Faire office de point de contact pour l’autorité de contrôle sur les questions relatives au traitement, y compris la consultation préalable visée à l’article 36, et mener des consultations, le cas échéant, sur tout autre sujet.

Prise en compte du risque

Le délégué à la protection des données tient dûment compte, dans l’accomplissement de ses missions, du risque associé aux opérations de traitement compte tenu de la nature, de la portée, du contexte et des finalités du traitement.

DPO : le nouvel acteur stratégique de la confiance numérique

Le Délégué à la Protection des Données (DPO) n’est pas un simple garant du RGPD. Il est le pilier de la confiance numérique. Un bon DPO maîtrise trois compétences clés :

  • Le juridique : connaître le RGPD sur le bout des doigts.
  • La technique : comprendre les technologies traitant des données.
  • La communication : savoir sensibiliser et convaincre les équipes et partenaires.

Les missions clés du DPO à connaître

L’article 39 du RGPD définit cinq missions essentielles confiées au DPO. Concrètement, il :

  • Informe et conseille le responsable de traitement ainsi que ses équipes sur leurs obligations en matière de protection des données. Cela signifie être pédagogue, vulgariser la réglementation et orienter les décisions.
  • Contrôle le respect du RGPD en auditant les pratiques internes, en évaluant les risques et en proposant des actions correctives concrètes.
  • Conseille sur les analyses d’impact (PIA), en aidant à évaluer les risques avant toute mise en œuvre de traitements sensibles.
  • Coopère avec la CNIL et les autres autorités en servant de relais lors des contrôles et en accompagnant l’entreprise dans sa relation avec les régulateurs.
  • Est le point de contact pour les personnes concernées, garantissant que les demandes d’accès, de rectification ou d’opposition soient traitées rapidement et efficacement.

⚡️ En résumé : Le DPO est l’éclaireur stratégique, le conseiller avisé, l’auditeur rigoureux et le porte-parole de la conformité RGPD dans votre organisation.

Comment transformer les missions du DPO en actions concrètes ?

Pour passer de la théorie à l’action, voici comment le DPO doit agir au quotidien :

Informer et conseiller

  • Organiser des ateliers de sensibilisation RGPD.
  • Animer des réunions annuelles sur les nouvelles obligations.
  • Créer des supports pédagogiques (fiches pratiques, vidéos, FAQ internes).

Veiller au respect du RGPD

  • Réaliser un audit RGPD annuel.
  • Vérifier la mise à jour du registre des traitements.
  • Détecter les dérives et proposer des plans d’action correctifs.

DPO et évaluation des risques RGPD

  • Intervenir en amont des projets sensibles.
  • Aider à cartographier les risques et à proposer des mesures d’atténuation.

Le DPO, relais de la CNIL

  • Anticiper les contrôles en préparant les documents nécessaires.
  • Assister l’entreprise en rédigeant des réponses argumentées aux demandes d’information.

Être le point de contact pour les personnes concernées

  • Mettre en place une procédure rapide de gestion des demandes d’accès, de rectification ou d’opposition.
  • Former les équipes pour qu’elles sachent réagir efficacement aux sollicitations des utilisateurs.

Au-delà de l’article 39, un DPO efficace :

  • Gère la communication autour du RGPD (interne et externe).
  • Contribue à la cybersécurité en lien avec les équipes IT.
  • Anticipe les régulations à venir (RGPD, IA Act, NIS2).
  • Fédère une culture de la protection des données.

La checklist pour vous aider à piloter efficacement vos missions de DPO

Un concentré d’actions concrètes pour transformer vos obligations en réflexes métier.

✅ Checklist DPO : les réflexes à adopter pour rester conforme

📚 Informer et conseiller
🔍 Contrôler la conformité
🛠️ Conseiller sur les analyses d’impact (PIA)
🤝 Coopérer avec la CNIL
📞 Être le point de contact des personnes concernées

Pourquoi respecter l’article 39 RGPD est vital : risques et solutions

Conflit d’intérêts du DPO

Contexte : Un DPO doit agir en toute indépendance pour remplir efficacement ses missions.

Cas concret : En février 2023, la CJUE (affaire X-FAB Dresden, C-453/21) rappelle qu’un DPO ne peut pas déterminer les finalités ou moyens de traitement tout en étant DPO.

Risques : Nommer un DPO responsable IT, juridique ou RH expose à une violation du RGPD.

  • Solutions :
    • Evaluer précisément les missions du DPO avant nomination.
    • Garantir l’indépendance structurelle du poste.

Absence de protection du DPO contre les sanctions internes

Contexte : Un DPO doit pouvoir exercer ses missions sans craindre des mesures disciplinaires abusives.

Cas concret : En octobre 2022, le Conseil d’Etat français (n°459254) confirme l’obligation de protéger l’indépendance du DPO.

Risques : Un licenciement abusif fondé sur l’exercice des missions RGPD peut entraîner un contentieux lourd.

  • Solutions :
    • Formaliser les missions du DPO dans une lettre de mission.
    • Justifier toute procédure disciplinaire par des motifs objectifs et proportionnés.

Respecter l’article 39, c’est éviter les sanctions, protéger votre organisation et construire une vraie stratégie de confiance.

Les erreurs à éviter pour un DPO au top

❌ Croire que « le RGPD c’est juste un texte à connaître » : non, c’est un écosystème vivant.
❌ S’isoler : le DPO doit être transversal et connecté aux différents métiers.
❌ Sous-estimer la communication : être un bon technicien ne suffit pas, il faut savoir embarquer et convaincre.

🎯 Un DPO efficace est un facilitateur, pas un gendarme.

DPO : anticipez les nouveaux défis !

Voici les trois révolutions majeures que le DPO doit intégrer dans sa stratégie :

DéfiQuestion à se poserActions recommandées
Intelligence artificielleComment auditer un traitement d’IA respectueux du RGPD ?Créer un processus d’évaluation des biais, de la transparence et de la finalité des traitements IA
Cybersécurité avancéeComment intégrer la cyber-résilience dans la stratégie RGPD ?Travailler avec les équipes IT pour mettre en place des plans de continuité et de réponse aux incidents
Confiance numériqueComment valoriser la conformité via des certifications et labels ?S’engager dans des programmes de certification RGPD, obtenir des labels de conformité reconnue

📊 Évaluez la maturité RGPD de votre organisation